2010.
Les techniques et les approches sont sous influence du temps qui passe,
les représentations sont évolutives, ancrées aux enjeux environnementaux de nos sociétés occidentales.
L’air de rien et l’air de tout, l’homme y est central, au cœur d’un environnement modifié,
comme piégé par son mode de vie.
Instinctivement, sa survie dépendra du lien qu’il réussira à maintenir…
et il le maintient, il le crée, indicible, presque effacé mais présent,
rayonnant des siècles sur lequel il est posé, fondu, gommé par la superposition
des couches et des intempéries humaines, il vit.
C’est la magie de cette série.

Urbanités et tris sélectifs apparait alors comme un paradoxe à l’ode d’un monde nouveau.
L’espoir se lie où le lien se matérialise dans une prise de conscience du beau
qui survit majestueusement à l’obsolescence programmée.
L’auteur assoit sa maturité esthétique, il rassemble, et organise la probable destruction
d’un monde merveilleux, plein de ressources, de richesses et de beauté.
Sa déconstruction structurée révèle clairement un homme responsable
du possible morcellement de l’être dans sa quête de possession.
L’angoisse qui pourrait en résulter se transforme en un cri de couleurs vives, franches,
éclatantes, déterminées à résister à l’engloutissement composé.
Elles jaillissent comme l’annonce d’une vie possible, autrement, ailleurs…
Quelque chose de très pulsionnel se dégage de ces expressions visuelles ;
de la putréfaction se pourrait-il que naisse la vie, construite sur une cohésion du moche recyclé,
dans un esthétique du cassé, du pourri, une frénésie à ne pas détruire totalement.
De la matière à retravailler, à déstructurer, où s’emboîte des mondes accessibles,
limités par une géométrie sentie, palpable, une intellection probable où nos instincts fantasment…
Elles transcendent des représentations structurées, nous projettent dans une triple symétrie des formes,
nous attirent intuitivement sur un point central.
Une sensation de mouvement, presque une descente dans l’inconscient, une symbolique universelle
de notre environnement, du vivant, de la communauté... la présence omnisciente de l’homme
d’où émerge une prise de conscience aboutissant à une réconciliation intérieure.
« Urbanite » explose d’une nouvelle intégrité de l’être…
A.B.